Comment lire l'arabe : harakat, prolongations et signes de lecture

Débuter · Lecture & écriture · 20 juillet 2026 · Le frère Idriss هداه الله

Comment lire l'arabe : harakat, prolongations et signes de lecture

السلام عليكم ورحمة الله وبركاته

Les harakat sont les petits signes placés au-dessus ou en dessous des lettres arabes pour indiquer les voyelles : c’est grâce à elles que l’on peut réellement lire. Beaucoup de débutants apprennent l’alphabet arabe avec enthousiasme, puis se retrouvent bloqués devant un mot : ils reconnaissent les lettres, mais ne savent pas comment les prononcer. Il leur manque simplement cette deuxième étape.

Dans cet article, je vous présente toutes les voyelles arabes, avec des exemples, puis je vous explique comment les travailler efficacement — c’est exactement ce que je fais avec mes élèves grands débutants depuis des années.

Que sont les harakat exactement ?

En arabe, les lettres de l’alphabet sont presque toutes des consonnes. Le mot écrit ne contient donc, à la base, que le squelette : ك ت ب par exemple. Pour savoir comment le prononcer, on ajoute de petits signes au-dessus ou en dessous des lettres : les harakat (حَرَكَات), littéralement « les mouvements ».

C’est un système très logique : le son est produit en associant la lettre à une voyelle ou à un signe (comme le soukoun et la chadda). Une fois ce mécanisme compris, la lecture arabe devient étonnamment régulière — bien plus que le français et ses innombrables exceptions.

Les trois voyelles courtes

Ce sont les trois signes fondamentaux, à connaître en premier :

  • La fatha (فَتْحَة) : un petit trait incliné au-dessus de la lettre. Elle donne le son « è » — attention, pas le son « a », contrairement à ce que l’on lit souvent. Exemple : بَ.
  • La damma (ضَمَّة) : un petit signe en forme de waw au-dessus de la lettre. Elle donne le son « ou ». Exemple : بُ.
  • La kasra (كَسْرَة) : un petit trait incliné en dessous de la lettre. Elle donne le son « i ». Exemple : بِ.

Un moyen simple de retenir la kasra : c’est la seule des trois qui se place sous la lettre, comme si le son « i » « descendait ».

Le soukoun : l’absence de voyelle

Le soukoun (سُكُون) est un petit cercle placé au-dessus de la lettre : il indique qu’elle se prononce sans voyelle. Exemple : dans مِنْ (qui signifie « de »), le noun final porte un soukoun — on prononce la consonne seule, sans voyelle.

C’est un signe que les débutants négligent souvent, alors qu’il est partout : bien marquer les soukoun est l’une des clés d’une lecture propre.

La chadda : la lettre doublée

La chadda (شَدَّة) ressemble à un petit « w » posé au-dessus de la lettre : elle indique que la consonne est doublée. Exemple : رَبّ — la lettre ب y est prononcée deux fois, en insistant. La chadda se combine avec les voyelles : بَّ، بُّ، بِّ.

En pratique, on prononce la lettre deux fois : une première fois fermée (comme avec un soukoun), une seconde fois avec sa voyelle.

Le tanwin : le son « n » en fin de mot

Le tanwin (تَنْوِين) consiste à doubler le signe de la voyelle en fin de mot pour ajouter un son « n » :

  • بً : le tanwin de fatha ;
  • بٌ : le tanwin de damma ;
  • بٍ : le tanwin de kasra.

Vous l’entendez constamment dans les invocations et les textes religieux. Là encore, aucune difficulté une fois le principe compris : c’est une voyelle courte suivie d’un son « n » que l’on prononce mais que l’on n’écrit pas avec la lettre noun.

Les prolongations

Aux trois voyelles courtes correspondent trois lettres de prolongation :

  • le alif (ا) prolonge le son de la fatha : بَا ;
  • le waw (و) prolonge le son de la damma : بُو ;
  • le ya (ي) prolonge le son de la kasra : بِي.

La différence entre une voyelle courte et une prolongation est essentielle en arabe : elle peut changer le sens d’un mot. C’est un point que l’on travaille beaucoup en lecture, et plus tard dans la récitation du Coran.

Tableau récapitulatif

SigneNomSonExemple
◌َFathaèبَ
◌ُDammaouبُ
◌ِKasraiبِ
◌ْSoukounabsence de voyelleبْ
◌ّChaddalettre doubléeبَّ
◌ً ◌ٌ ◌ٍTanwinvoyelle courte + « n »بً
ا و يProlongationsallongent la voyelleبَا

Pourquoi les textes arabes n’ont pas toujours les voyelles

C’est la question que tous mes élèves finissent par poser : « Pourquoi apprendre les harakat si les journaux ne les écrivent pas ? »

La réponse est d’abord historique : à l’origine, l’écriture arabe ne comportait ni voyelles… ni points sur les lettres. Les Arabes se comprenaient parfaitement à l’écrit sans ces signes : ils connaissaient leur langue et reconnaissaient les mots grâce au contexte.

Puis vint l’islam. De très nombreux convertis sont entrés dans la religion sans être arabes d’origine, et il fallait leur permettre de lire l’arabe — et en premier lieu le Coran — sans erreur. C’est pour répondre à cette problématique que les points des lettres, puis les voyelles, ont été instaurés.

Aujourd’hui encore, un lecteur arabophone n’a pas besoin des voyelles : les textes courants (journaux, romans, sites internet) sont écrits sans elles. En revanche, le Saint Coran, les livres pour enfants et les manuels d’apprentissage sont vocalisés. En tant qu’étudiant, vous lirez donc des textes vocalisés pendant toute la première partie de votre parcours, puis vous vous détacherez progressivement des harakat à mesure que votre vocabulaire et votre grammaire progresseront.

Comment apprendre les harakat efficacement ?

Comprendre les harakat prend dix minutes. Les maîtriser en lecture demande de la pratique. Voici la progression que je recommande :

  1. Apprenez-les avec une méthode structurée. C’est exactement ce que fait la méthode Nourania : après les lettres isolées, elle fait lire des centaines de combinaisons lettre + voyelle, jusqu’à ce que la lecture devienne automatique.
  2. Lisez à voix haute. Les harakat s’apprennent avec la bouche, pas seulement avec les yeux. Une lecture silencieuse ne corrige rien.
  3. Faites-vous corriger. Certains sons proches (damma trop relâchée, prolongations raccourcies…) s’installent très vite en mauvaises habitudes si personne ne vous reprend. C’est le rôle du professeur, et c’est très difficile à obtenir en apprenant seul.
  4. Soyez patient sur la fluidité. Au début, vous déchiffrerez syllabe par syllabe. C’est normal, et cela passe en quelques semaines de lecture régulière.

En résumé

Les harakat sont les voyelles de la langue arabe : trois voyelles courtes (fatha, damma, kasra), trois lettres de prolongation (alif, waw, ya), et quelques signes complémentaires (soukoun, chadda, tanwin). Le système est simple et parfaitement régulier : une fois assimilé, vous pouvez lire n’importe quel texte vocalisé — y compris le Coran, vocalisé à près de 99 %.

C’est la deuxième étape du parcours de lecture, juste après l’alphabet : franchissez-la sérieusement, et tout le reste de votre apprentissage en sera facilité.

FAQ : les voyelles arabes

Combien y a-t-il de voyelles en arabe ?

L’arabe compte trois voyelles courtes (fatha, damma, kasra) et trois lettres de prolongation (alif, waw, ya). S’y ajoutent des signes complémentaires comme le soukoun, la chadda et le tanwin.

Pourquoi les textes arabes ne portent-ils pas toujours les voyelles ?

À l’origine, l’écriture arabe ne comportait ni points ni voyelles : les Arabes se comprenaient à l’écrit sans ces signes. Aujourd’hui encore, un lecteur arabophone reconnaît les mots grâce au contexte : les journaux et les livres courants sont écrits sans voyelles, tandis que les textes d’apprentissage, les livres pour enfants et le Coran sont vocalisés.

Le Coran est-il entièrement vocalisé ?

Pas entièrement, mais à environ 99 %. Certains verbes et certaines lettres, comme des noun (ن), ne portent pas de signe. Le reste du texte est entièrement vocalisé, afin d’être lu sans erreur.

Faut-il connaître tout l’alphabet avant d’apprendre les harakat ?

Non. Dans la plupart des méthodes, dont la Nourania, on apprend d’abord à reconnaître les lettres, puis on introduit très vite les voyelles pour commencer à lire de vraies syllabes.

Combien de temps faut-il pour maîtriser les harakat ?

Comprendre le principe prend quelques minutes. Lire avec fluidité demande ensuite quelques semaines de pratique régulière, idéalement avec un professeur qui corrige la prononciation.

Apprenez à lire l’arabe avec une vraie méthode

À l’Institut As-Sahaba, les grands débutants apprennent l’alphabet et les harakat avec la méthode Nourania, accompagnés par un professeur qui corrige chaque lettre et chaque voyelle dès le premier cours.

En quelques semaines, nos élèves passent de zéro à la lecture de textes vocalisés — puis au Coran. Découvrez notre programme ou contactez-nous pour commencer.

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